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Le délai pour présenter une demande d’indemnisation à l’IVAC est-il un non-sens?

24 janvier 2012

Saviez-vous que selon une loi qui date d’une autre époque, une victime n’a en principe qu’une seule et unique année pour déposer une demande d’indemnisation auprès de l’IVAC? Quelle ineptie lorsque nous savons qu’il faudra potentiellement des années avant qu’une victime puisse réussir à s’affranchir de la honte et de la culpabilité toxique propre à certaines agressions, et ce, pour mieux parler enfin à autrui de ce qu’elle a vécu! Tout aussi pire, il est connu qu’une victime souffrant d’un trouble de stress post-traumatique pourrait chercher à éviter toute situation lui rappelant les évènements traumatisants qu’elle a vécus, et ce, pendant une très longue période de temps. Cela a d’ailleurs été mon cas,  car j’ai pris des années avant de pouvoir me confier convenablement à des professionnels et avant qu’ils me fassent réaliser que j’ai un grave problème qui découle des agressions que j’ai vécues lorsque j’étais enfant. À ce sujet, il semble pourtant que le gouvernement du Québec ne tient pas toujours compte de l’incapacité psychologique d’une victime à faire une demande d’indemnisation à l’IVAC.  La loi, c’est la loi!  Un point c’est tout! C’est ce que certaines personnes m’ont fait comprendre en tout cas!

Par ailleurs, permettez-moi de sombrer dans l’ironie et d’imaginer à quel point il est aisé pour une très jeune victime d’un pédophile de remplir tous les formulaires requis par l’IVAC lorsque la petite victime ne sait probablement même pas encore comment écrire son nom… N’oublions surtout pas qu’elle a le devoir légal de respecter le délai prescrit par la loi sur l’indemnisation aux victimes d’actes criminels bien entendu… Quelle absurdité!

Ah! Surement que vous allez me dire que le tuteur légal de l’enfant pourrait très bien le faire à la place de la petite victime, mais que faudrait-il alors penser si ce même tuteur est lui même l’agresseur? Pensez-vous réellement qu’un parent ou un intervenant pédophile va réellement se dénoncer de la sorte? Que faut-il également penser lorsqu’une personne en situation de pouvoir agresse d’un enfant et laisse comme séquelle une crainte de se confier aux personnes en situation d’autorité? Dans ce tout dernier exemple, c’est précisément ce que j’ai vécu et le fait de pouvoir en parler ouvertement sans trop ressentir de la honte, de la culpabilité et une montagne de craintes en tout genre est tout récent dans ma vie! C’est fou à quel point ça fait du bien en tout cas! Depuis que je peux enfin le faire, j’ai d’ailleurs toute la misère du monde à me taire!

D’autre part, les droits d’un enfant à obtenir une quelconque indemnité doit-il se perdre lorsque les personnes censées le protéger sont incompétentes voir négligentes à l’égard de la petite victime? Voici encore une fois ce que j’ai moi-même vécu, car il y a eu une époque où les gens avaient peur de faire des vagues dans la communauté, et ce, lorsque les parents n’ont pas eux-mêmes des problèmes les empêchant de venir convenablement en aide à un enfant en détresse.

Par contre, des spécialistes du droit m’ont informé qu’il y a jurisprudence favorable afin que certaines victimes mineures au moment des faits puissent faire une demande tardivement contrairement à ce que semble prévoir la loi noir sur blanc. Cependant, c’est beau en théorie, mais faire valoir ses droits en pratique est toute autre chose! À ce sujet, il faut comprendre qu’une agression physique laisse souvent des traces et que les écrits restent dans les dossiers médicaux, mais prouver une agression sexuelle, qui n’a laissé que des marques psychologiques et psychiatriques, en est une autre!

Pire! Faire comprendre au système que vous étiez dans l’incapacité de présenter une demande d’indemnisation à l’IVAC dans la période prescrite par la loi semble être tout un exploit! « Nul n’est censé ignorer la loi! », m’a dit un fonctionnaire.  À cela j’ajouterais que toute personne se doit probablement d’être en parfaite condition psychologique et d’être omnisciente en prime! Autrement, la pauvre victime peut craindre l’enfer! Serait-il alors pertinent d’abolir automatiquement la prescription dans le cas de victime mineure au moment des faits, d’agression sexuelle et de traumatisme psychologique avec preuve  médicale? Voilà le plus grand des questionnements qui me vient en tête concernant l’article 11 de la loi sur l’indemnisation des victimes d’acte criminel.

Finalement, je vous invite à apporter vos impressions et commentaires concernant l’IVAC. Qui sait? Peut-être vais-je me sentir enfin moins seul devant cet organisme qui me semble terriblement complexe! Chose certaine, mon but n’est pas de chercher à ternir l’image de l’IVAC, mais bien de tenter d’alimenter la réflexion dans un débat de société qui fait présentement de plus en plus rage!

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16 commentaires leave one →
  1. survivante permalink
    14 février 2012 11 h 48 min

    Salut juste te dire comme ça que tu n`es pas seul malgré le silence !
    La plus part des victimes /survivants sont malheureusement inconscient des lois
    et la loi est là pour se protéger elle même en tout premier !
    le délai pour porter plainte et demander de l`aide … 😦

    comme tu dis » il faudra potentiellement des années avant qu’une victime puisse réussir à s’affranchir de la honte et de la culpabilité  »
    Juste d`être consciente des séquelles quand que tu ne fais que SURVIVRE parmi elles !
    Moi j`ai été victime d`inceste pendant des années par mon père et victime d`un pédophile
    aussi plusieurs années ! et Malgré que je n`avais que 3 ans lorsque j`en fus victime la première fois IVAC
    n`en prit même pas compte !

    Malgré toutes les répercutions sur l`ENSEMBLE de ma Vie (physique et psychologique )
    se n`est pas contre les coupables donc que j`ai dû me battre pour justifier mes blessures Mais contre IVAC ,leurs avocats et même mon propre avocat !
    « mais madame nous n`avons aucune garantie que vous guérirez ! » ça c`est se qu`ils m`ont dit quand moi je leurs ai demandé d`avoir la possibilité de me faire soigner dans une maison de thérapie pour femmes victimes d`inceste !

    j`ai pas une jambe cassé ,j`ai pas été volé ni brûle ma blessure elle est ma vie elle l`a construit …
    1050,00 $ et accepte sinon moi je sors du dossier m`a gentiment dit mon Avocat
    et pour conclure « tu te payeras un beau voyage dans le sud  »
    Tout ça pendant que moi J`ÉTAIS en choc post traumatique sévère !
    hien ! quoi ! on dit qu`IVAC est là pour nous ! ils ne sont même pas conscient de qui nous sommes !et de nos réelles besoins !

    bon courage

    survivante qui veut vivre et pas juste survivre !

    • 15 février 2012 1 h 52 min

      C’est indescriptible, à quel point je te comprends!

      Pour ma part, j’ai été victime de plusieurs agressions durant mon adolescence (sexuelles et physiques) et de deux agressions physiques un coup adulte. Tout comme toi, je souffre d’un syndrome de stress post-traumatique chronique et sévère (SSPT) qui n’a été diagnostiqué qu’assez récemment malheureusement! Beaucoup trop tard à vrai dire! Les dommages sont catastrophiques!

      Avant que des experts du SSPT commencent enfin à me prendre en mains par miracle, les autres médecins, psychologues et travailleurs sociaux n’avaient toujours cherché qu’à traiter mes symptômes et mes comportements agressifs sans jamais en chercher vraiment les causes! Des pilules, j’en ai pris en maudit dans ma vie, et ce, même si leur apport était limité : ce qui serait typique du SSPT.

      Pourtant, j’ai essayé à quelques reprises de parler de mes agressions pour mieux me faire dire qu’il fallait apprendre à gérer mon anxiété et ma colère sans chercher à revivre le passé! Misère! Comment pouvais-je alors être en mesure comprendre que les agressions vécues étaient derrière ce mal qui me ronge de l’intérieur depuis de si longues années, et ce, sans que personne cherche à comprendre de quoi il s’agit véritablement?

      Maintenant, pour ce qui est de l’IVAC, cet organisme semble n’en avoir rien à foutre de moi! L’IVAC a toute rejeté mes demandes en bloc en prétextant que j’avais été en mesure de faire des liens entre les agressions subites durant mon adolescence et ma maladie, et ce, avant de leur présenter des demandes d’indemnisation. Pourtant, j’ignorais tout de la nature de ma maladie jusqu’à tout récemment. J’avais certes tenté d’obtenir des informations au sujet du SSPT, mais cela n’a jamais été investigué par personne!

      Le plus enrageant, c’est que le personnel de l’IVAC semble croire que je suis psychiatre ou doter de pouvoir potentiellement surnaturel comme eux! Après tout, on a été capable de me dire que j’étais capable de vaguer à mes occupations quotidiennes normales sans jamais avoir consulté un de mes rapports médicaux et psychologiques! Wow! Quelle révélation! Quel pouvoir surnaturel!

      Chose certaine, il me faudra débourser des dizaines de milliers de dollars en frais d’avocats pour tenter de défendre mes droits auprès de cette grosse machine à broyer davantage les victimes d’actes criminels. Même à moitié mort, je vais continuer à me battre pour mes droits! Je suis peut-être plongé dans l’enfer présentement, mais s’il y a bien une force hallucinante qui se retrouve chez bien des survivants, c’est bien celle d’être capable de tolérer l’insupportable! Après tout, nous serions déjà morts s’il n’en était pas ainsi…

      • Josianne Parent permalink
        7 décembre 2016 12 h 11 min

        Bonjour pourriez vous me mettre en lien avec ces médecins qui vous ont diagnostiqués? C’est urgent

    • 15 février 2012 2 h 25 min

      Bon courage à toi aussi! Je te souhaite une vie bien meilleure pour l’avenir! 😉

  2. survivante permalink
    15 février 2012 11 h 39 min

    Avoir réellement accès à des soins spécialisés et Gratuit
    C`est pas compliquer Ça Spécialisé et Réellement gratuit
    Et avoir une connaissance intellectuelle, mais non émotive, des agressions ne guérie pas
    Y`a trop de silences et encore trop de non dits et malheureusement encore trop d`abus !
    J`ai été en anesthésie émotionnellement jusqu`a l`age de 33 ans déconnectée de moi
    Comme un spectateur qui se regarde vivre dans un monde en tant que juge, coupable et victime !
    c’est La dissociation et sa débuté a l`age de 3 ans !

    c`est une psychologue du CLSC qui m`a aidé a reprendre contacte avec moi
    2 ANS sa prit et Sa fait tellement mal que je suis tombée en choc poste traumatique mais les gentils Docteurs, psychologue et travailleur social n`on rien dit devant mon enfer émotionnel
    C`est un médecin de campagne qui m`en a fait prendre conscience… 3 ans plus tard
    « Madame mais vous êtes en choc post traumatique ! »

    le délai de prescription c`est une aberration !

    Combien de milliards il en coûte a notre société et Non aux Gouvernement… pour aider toute personne souffrante psychologiquement présentement ?
    Si l`on prend en considération toutes les années que ces personnes devront être prise en charge Financièrement Car plusieurs d`entre eux seront incapable de subvenir a leur besoin …
    Boris Cyrulnik spécialiste de la résilience m`a beaucoup aidé dans la lecture de ses livres et il dit que les blessés de l’âme transmettent leur traumatisme à leur descendance. Elle se transmet jusqu’à trois générations au moins. une chaîne bien difficile a briser et qui risque de coûter cher
    Une belle cicatrice à même été trouvée dans l’ADN Trouvée par une recherche faire par des scientifiques à Genève.
    Les souffrances des victimes d’inceste n’est pas seulement psychique : 85 % des victimes souffrent de douleurs chroniques, de troubles psycho traumatiques

    Moi Je souffre de fibromyalgie et une autre recherche dit que 90 % des personnes auraient subi des agressions sexuelles pendant leur enfance en seraient atteinte !
    Mais malgré toutes ces découvertes et tous les liens qui les relient, les silences continuent de nous abusés puisque rien est fait rien n`est pris en considération !
    J`ai beau être dyslexique je sais compter
    Une prise en charge immédiate et l`accès à tous les services gratuitement coûterait beaucoup moins cher a notre société et causerait moins de dégâts dans la vie des personnes affectées
    Et les répercutions à long terme n`en seraient que plus bénéfiques pour nous tous !

    Mais les gentils médecins donne des pilules pour faire passer le temps malgré qu`elle est dure a avaler !
    quand l`on sait que des soins spécialisés existe mais ne nous son pas accessible car beaucoup trop dispendieux pour nous …

    Je comprends mieux le dicton qui dit que le temps s`est de l`argent ?
    Et que sans argent ben tu le perds vraiment ton temps a te battre contre tes démons pendant que d`autres se mettent l`argent dans leurs poches …

    On m`a déjà dit que j`avais du courage mais je ne comprenais pourquoi on me disait cela car le courage je ne le ressentais pas en moi et je ne le ressens toujours pas d`ailleurs …
    moi se que je ressens ses mon impuissance face aux démons qui abus encore de moi !
    mais je suis forte puisque je suis habituée d`accepter l`inacceptable …

    Et l`espoir qu`un jour nous ne soyons pas juste entendu mais écouté
    me permet de tenir le coup !
    et de temps en temps ben j`envois quelques bons coups de poing dans quelques démons sa passe le temps …lolll faut ben en rire !:-)

    • 16 février 2012 18 h 58 min

      Je suis désolé pour le délai de réponse. En fait, je suis totalement au bout de mes forces présentement, et ce, après avoir enfin mandaté un cabinet d’avocats réputé afin de défendre mes droits les plus élémentaires auprès de l’IVAC comme obtenir une copie des dossiers me concernant. Dès lors, je devrai répondre à ton témoignage fort intéressant d’ici quelques jours, car je dois me reposer un peu avant. Merci de ta compression et de ton intervention! Je te répondrai sous peu dès que je serai en mesure de pouvoir me concentrer correctement. Pour l’instant, je suis rongé par l’anxiété, le désespoir et la colère. À bientôt!

    • 19 février 2012 20 h 56 min

      Malheureusement, le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) n’est pas encore bien connu. Ainsi, bien des intervenants du milieu de la santé et psychothérapeutes ne semblent pas bien connaître cette maladie avec tout ce que cela peut engendrer comme problèmes sociaux. J’ai d’ailleurs lu qu’il faut parfois des années avant que ce trouble psychiatrique soit diagnostiqué correctement et pour qu’une thérapie appropriée soit enfin offerte à une victime de ce mal. À ce sujet, deux grands psychiatres m’ont expliqué qu’il y aurait un manque de volonté politique d’aller de l’avant dans la reconnaissance de cette maladie pourtant bien décrite dans le DSM-IV. À leurs dires, s’il en était autrement, certaines instances gouvernementales (je préfère ne pas les nommer) devraient payer des sommes colossales en indemnités!

      Beaucoup de travail semble à faire pour améliorer cette société qui détruit parfois les personnes qui souffrent de SSPT encore plus après les évènements traumatisants… L’ignorance est malheureusement la pire de nos ennemies! Juste tenter de vaincre les préjugés sociaux est déjà tout un exploit en soi! Le plus enrageant, c’est que ces préjugés se retrouvent également chez certaines personnes censées nous aider au départ… C’est parfois vraiment décourageant!

      Heureusement qu’il y a tout de même des perles extrêmement rares qui peuvent nous comprendre depuis que nous entendons de plus en plus parler de cette maladie depuis que le lieutenant-général et sénateur Roméo Dallaire est revenu du Rwanda, car il y aurait de quoi devenir littéralement fou de désespoir autrement.

      Combien de personnes se sont suicidées faute d’aide adaptée? Combien cela coûte à l’État de ne pas bien venir en aide aux victimes d’actes criminels et potentiellement aux soldats traumatisés qui reviennent de mission? Ça, nous ne le serons jamais! Je crains juste le pire!

      Le plus enrageant, c’est que le gouvernement du Québec laisse encore trainer le rapport Lemieux sur les tablettes pendant que beaucoup d’argent sera consacré à la répression d’adolescents potentiellement récupérables. Certes que je ne défends pas les criminels récidivistes que je déteste au plus haut point, mais je me questionne à savoir où sont les priorités de nos gouvernements! Oui! Je l’admets! Je suis presque jaloux de l’aide que reçoivent certains détenus! Au moins, eux sont logés et nourris par l’État en plus de bénéficier de soins gratuits et de programmes de réintégration sociale tandis que je n’ai pas un seul dollar pour vivre mis à part l’aide financière de mes proches! Comment ne pas être enragé dans une telle situation d’injustice et de dépendance? Je ne peux même pas espérer obtenir un dédommagement de la part de mes agresseurs à cause du délai de prescription absurde imposé par la loi à première vue, parce que mes ressources financières sont extrêmement limitées et puisque je manque d’énergie pour me battre sur tous les fronts à la fois! Je suis déjà assez mal en point pour ne pas vouloir ajouter plus d’éléments anxiogènes à ma vie!

      Toutefois, je suis heureux d’avoir retrouvé une certaine capacité à me concentrer suffisamment pour écrire de façon morcelée : un petit paragraphe à la fois suivi d’une bonne période de repos entre chaque portion de mes textes. Au moins, écrire ainsi m’aide à partager ce que je vis et à évacuer ce qui me gruge de l’intérieur. C’est vraiment thérapeutique!

      Finalement, s’il y a une chose de positive devant nous, c’est bien notre capacité à transformer nos enfers en futur plus reluisant que nos passés, et ce, si nous faisons preuve de courage et de détermination. Pourquoi ne pas profiter de nos expériences pour mieux contribuer à bâtir un monde meilleur lorsque nous en serons capables? En tout cas, je n’abandonnerai jamais le combat même si je trébuche parfois dans le désespoir.

  3. survivante permalink
    20 février 2012 12 h 26 min

    L`espoir fait avancer ! Alors s`est peut-être ça le courage ?
    Léo Ferré disait « le désespoir n`est qu` une forme supérieur de la critique »
    Alors on avance bien a petit pas mais bien ….
    gardons courage !Et les choses changerons !

    Salutation

  4. Sébastien permalink
    8 mars 2012 3 h 11 min

    Je connais un ami qui est suicidaire depuis que l’IVAC a rejeté sa requête. Le pauvre type s’est fait agressé sexuellement par sa mère et a commencé à parler de ce qu’il a vécu que lors du remplissage de paperasse menant à se faire moquer de lui. C’est de même qu’il vit cela.

    À ses dires, l’IVAC prétend que parce qu’il est enragé contre sa mère cela prouve qu’il a fait des liens bien avant d’avoir osé demander de l’aide. J’en reviens toujours pas. C’est débile ou quoi?

    • 8 mars 2012 19 h 28 min

      C’est triste à écrire, mais sans l’aide de mes proches et des rares spécialistes qui m’aident enfin à me sortir de ce maudit syndrome de stress post-traumatique qui m’afflige, je serais à la rue présentement et peut-être même enterré depuis plusieurs mois! À vrai dire, tout comme pour votre ami, mon expérience avec l’IVAC contribue à me maintenir en enfer. Disons simplement que je n’ai plus aucune confiance en cet organisme et que je ne me fais plus aucune illusion depuis déjà des mois et des mois. Toutefois, ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts! Chose certaine, je vais me battre jusqu’à ma dernière goutte de sang pour faire valoir mes droits! Des criminels ont eu le dessus sur moi et ont mis ma vie en péril, mais je ne laisserai jamais l’IVAC venir terminer leur travail d’anéantissement! Jamais! Jamais! Jamais!

    • 8 mars 2012 19 h 37 min

      Je constate que votre ami semble avoir été victime d’un traitement partiellement similaire au mien. Voyez-vous, selon ce que je crois comprendre (je peux toujours me tromper après tout), il y a trois choses qui risquent de se produire lorsqu’un enfant abusé sexuellement n’a pas eu la capacité de présenter une demande à l’IVAC, et ce, dans le délai de prescription prévu par la loi :

      – La demande sera rejetée faute de pouvoir prouver qu’il y a bien eu agression;

      – Si vous prouvez qu’il a eu agression, il y a risque que l’IVAC se serve de votre preuve pour mieux dire que vous aviez fait des liens entre vos problèmes et l’agression, et ce, bien avant de présenter une demande d’indemnisation. Le but serait de possiblement rejeter la demande d’indemnisation pour non-respect du délai de prescription;

      – Miraculeusement, la demande d’indemnisation de l’enfant, devenu adulte, est acceptée en première instance. Toutefois, je dois admettre que je ne connais personne à qui cela est arrivé à ce jour. Pourtant, je ne demande pas mieux que de découvrir quelqu’un qui viendrait enfin défaire mes perceptions et ainsi me rassurer!

      Chose certaine, comme des avocats me l’ont expliqué, beaucoup de victimes ne sont pas en mesure de se battre pour défendre leurs droits, et ce, faute d’argent et d’énergie. Pour ma part, je manque chroniquement des deux, mais j’ai au moins la chance de bénéficier de l’appui financier et moral de mes proches! Autrement, je serais probablement plus que suicidaire. Toutefois, je refuse de me laisser manger la laine sur le dos de nouveau sans broncher! La proie facile d’autrefois est en train de disparaître à jamais!

  5. memie permalink
    15 mars 2012 18 h 49 min

    moi je pense que la fameuse loi de l ivac a été inventer par des démoniac ca fait un beau rytme nest-ce pas .car moi aussi je suis en colere extreme contre l ivac qui dit quil faut les avertir pendant la premiere année. surtout quand tu n as jamais entendue parler de cette loi .ont connais pas toute les lois .memes les ministres et politiciens et avocats meme ne connaissent pas toute les lois.peut importe la loi .quand je pense aussi que souvent se sont les criminels meme qui se font aider gratuitement et recoivent de l ivac …moi je dit en finissant que cet loi de l ivac dépasse l entendement

    • 16 mars 2012 23 h 06 min

      Bien que même un enfant de 3 ans ne peut ignorer la loi, encore faut-il qu’il soit en mesure de pouvoir remplir les formulaires de l’IVAC lui-même lorsqu’il est victime d’inceste par exemple. Encore faut-il qu’il comprenne qu’il est victime d’un acte criminel.

      Certes que ça me semble totalement absurde, mais plus ça va et plus je réalise que nous semblons nombreux dans cette situation infernale d’avoir eu le malheur d’avoir vécu des actes criminels lorsque nous n’étions pas en mesure de faire des démarches auprès de l’IVAC à temps.

      Selon ce que je crois comprendre de plus en plus, il y a plusieurs obstacles qui peuvent empêcher une victime de respecter le délai de prescription d’un an:

      – Son âge au moment des faits;

      – Son incapacité à remplir les formulaires de l’IVAC, car il ne sait pas encore écrire ou lire;

      – Le fait que la victime ne fait pas le lien entre ses symptômes et les agressions subites (nous ne sommes pas spécialistes pour la plupart);

      – La nature même du traumatisme psychologique et psychiatrique dont la victime souffre :
      évitement psychologique, peur de dénoncer, honte et culpabilité extrême, peur des personnes en situation d’autorités, etc.

      Le plus enrageant, c’est que l’article 11 de la loi sur l’Indemnisation des victimes d’actes criminels ne semble pas faire aucune distinction entre un enfant de 3 ans agressé sexuellement et un adulte victime d’un vol à main armé à première lecture. Bien qu’il semble que la jurisprudence puisse parfois nous donner raison, il est clair que beaucoup de victimes doivent se battre comme des diables dans l’eau bénite pour faire valoir leur incapacité à produire une demande dans les délais prescrits par la loi : ce qui risque d’empirer leur piètre état autant économique, psychologique que psychiatrique.

      Malheureusement, beaucoup trop de personnes n’auront pas l’argent et encore moins l’énergie nécessaire pour se défendre convenablement face à l’IVAC. N’oublions pas que beaucoup de demandes d’indemnisation seraient rejetées à la base et que beaucoup de victimes délaisseront l’IVAC, et ce, possiblement par écoeurentrite chronique ou par incapacité à se plier aux exigences de cet organisme. Chose certaine, c’est l’enfer de se sentir rejeté lorsque l’on est en détresse et que l’on tente de s’en sortir par tous les moyens!

      Pour conclure, je réalise de plus en plus qu’il serait nécessaire de nous rassembler entre victimes pour mieux faire valoir nos droits. En fait, en étant isolées, les victimes n’ont pas toujours l’énergie nécessaire pour faire bouger les choses, mais réunis sous la bannière d’un organisme quelconque, nous pourrions enfin faire entendre raison à ce système qui semble détruire trop souvent les victimes bien davantage.Seul,en détresse et isolé, c’est comme un combat aussi peu équitable que celui d’une fourmi contre Goliath! Mais rassemblé en une armée d’électeurs victimes d’actes criminels éclopées contre Goliath, c’est une tout autre chose!

    • 17 mars 2012 14 h 15 min

      Le célèbre adage « Nul n’est censé ignorer la loi » ne signifierait pas que tout citoyen est censé connaître l’ensemble des lois, car cela est impossible bien entendu. Comme vous l’avez écrit, même les avocats ne connaissent pas toutes les lois. Toutefois, ce principe juridique serait nécessaire au bon fonctionnement de la justice, car il serait trop facile pour une personne de se soustraire à la loi s’il en était autrement. Par exemple, nous serions les premiers à hurler si un criminel pourrait s’en tirer après nous avoir agressés, et ce, en prétextant qu’il a agi parce qu’il ignorait l’existence du Code criminel et les droits d’autrui.

      Dès lors, un des problèmes que j’essaie de soulever dans ce blogue, c’est que la formulation actuelle de la loi sur l’indemnisation des victimes d’actes criminels , et/ou son application, pourrait être préjudiciable pour plusieurs victimes. Je me questionne donc concernant la pertinence de revoir ou non la formulation de cet article de loi tout comme sa mise en application. Certes que je ne suis pas un expert en la matière, mais personne ne peut m’enlever mon droit de critiquer le système dans le but de tenter de l’améliorer pour le bien de la collectivité. C’est mon droit démocratique le plus cher à mes yeux après celui d’avoir le droit d’élire des gens sensés en principe de nous représenter au parlement.

      Ainsi, en exposant ce que je vis et en offrant la possibilité aux autres victimes de s’exprimer, peut-être que cela pourra enfin mieux faire comprendre aux autorités et à la population le calvaire que nous vivons en étant rejetés par l’IVAC.

      Finalement, je vous remercie énormément pour votre intervention qui brise notre isolement!

  6. Caroline permalink
    25 février 2016 4 h 14 min

    Bonjour, moi mon histoire est particulière. J’ai été abusée par chum de ma mère de l’âge de 6 ans à 13 ans. J’ai été indemnisé dans les délais prescrit car ma mère connaissait la Loi car celle-ci travaillait à la CSST. donc, elle était au courant. Lorsque j’ai dénoncée, j’étais âgé de 16 ans. Ma demande a été fait si je me souviens à 17 ans ou 18 ans. Sauf, que dernièrement je me pensais guérit…mais non à 42 ans j’ai eu un évènement dans ma vie qui ma fait replonger dans mes souvenir. Ma spy m’a dit c’est normal de revivre un stress post-traumatique. Mais, L’IVAC savent ce qu’ils font …Il m’a bien été dit que c’est un paiement seul et unique et si je l’accepte celui-ci le dossier était régler. Mais, on sait très bien que à 17 ans, il m’avait pas été dit que je vivrais surement des stress post-traumatiques. Car, on ne peut connaître la vie que l’on va vivre. Je constate que je n’ai jamais été guérit avec du recul et 1 an 1/2 de thérapie plus tard, je constate que ça brisé et brimé ma vie jusqu’à aujourd’hui. Je suis rendu à 43 ans et le montant qu’ils m’ont remis n’est pas représentatif des séquelles que j’ai eu. Je suis en mesure aujourd’hui à l’âge que j’ai d’évalué adéquatement ^lus le prix de ma vie par rapport à cette agression répugnante que j’ai subi sur 7 ans de ma vie d’enfant que l’on m’a volée. Merci d’avoir fait ce blogue, on voit que lorsque l’on est jeune, on ne peut être en mesure de se battre en toute lucidité, car on ne connaît pas nos droits. C’est prouvé statistiquement que il y aura la possibilité d’avoir plusieurs stress post-traumatique.

  7. Marie permalink
    7 septembre 2016 21 h 09 min

    Je trouve bien malheureux votre situation, pour ma part, j’ai eu la chance d’avoir une agente du cavac très attentionné qui m’a aidé lorsque j’ai fait ma demande à l’ivac. Le traitement de mon dossier à été rapide et favorable malgré un dépassement de délai de plus de dix ans. Avant de rencontrer la dame du cavac je ne connaissais pas du tout l’ivac, je n’avais aucune idée que se genre de ressource existait. Ce que la représente du cavac m’a expliqué, c’est que tout événement qui d’une manière ou une autre ravive la souffrance liés à ou aux événements sont pris en considération. Par exemple d’avoir croisé son agresseur, d’avoir des enfants (emmène souvent de l’hypervigilence), entendre un ami relater une expérience traumatique ou avoir vu un cas semblable au notre à la télévision, etc. J’ai également une amie qui a pu faire valoir se point puisque elle avait pris connaissance de mon processus, elle a également eu une réponse favorable malgré un dépassement de plus de 20 ans (elle a rencontré le cavac après que je l’ai conseillée en ce sens et à grandement apprécié l’aide apporté) Le cavac est une ressource gratuite, inestimable et indépendante en laquelle nous pouvons avoir confiance pour nous aider dans nos démarches, personnellement cela m’a grandement aidé. Il est important d’avoir de l’aide pour ces démarches car nous sentons souvent vulnérable et victimisé de nouveau dans les processus de demande qui est très intrusif, ne faites pas sa seul. Bonne chance avec vos démarches, je vous souhaite le meilleur pour l’avenir.

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